Laughter yoga international
YOGA DU RIRE INTERNATIONAL
Mouvement mondial pour la santé, la joie et la paix
  • Le yoga du rire pour une clientèle spéciale

    Le mouvement du yoga du rire a connu une croissance exponentielle dans plus de 60 pays et maintenant il n’est plus réservé uniquement aux clubs de rire. On l’applique aujourd’hui dans différents endroits et des programmes ont été implantés avec succès auprès de clientèles particulières comme les handicapés mentaux ou physiques, dans les écoles pour handicapés visuels, les prisons, les orphelinats, les groupes d’entraide pour personnes souffrant de cancer ou de maladies chroniques comme la sclérose en plaques et autres.

    Vivre avec un handicap est un défi en soi et peut être difficile à accepter. Il peut occasionner des traumatismes mentaux sévères et un grand stress. Les personnes ont parfois tendance à déprimer et entretenir des émotions négatives qui minent leur moral et qui déforment la perception qu’elles ont d’elles-mêmes et de leurs capacités. Elles peuvent se dévaloriser et douter d’elles-mêmes.

    Le yoga du rire permet de remonter le moral des personnes, aidant à faire face aux difficultés physiques et mentales. La dynamique des groupes amène plus d’ouverture et aide les personnes à partager leurs peines. Les exercices et les respirations profondes relaxent le corps et l’esprit et aident à accepter la réalité. Les clubs de rire sont un havre sécuritaire pour les personnes qui peuvent se laisser aller et exprimer leurs sentiments sans peur ni douleur. Le défoulement par le rire est une excellente technique pour relâcher les émotions.

    Le yoga du rire et les handicapés visuels

    En octobre 1997, j’ai reçu un appel de Dinesh Saryia, me demandant de venir dans un institut pour les aveugles à Dadar, Mumbai, pour animer une séance de yoga du rire auprès de 60 à 80 fillettes, pour la plupart âgées de moins de 12 ans. Dinesh devait avoir 25 ans, mais sa vue diminuait rapidement en raison d’un problème de rétinite pigmentaire, une maladie qui rend lentement aveugle. Il exprima le désir de me rencontrer et de planifier la séance en détail. Bien que j’aie accepté, j’hésitai tout de même, car je me demandais comment j’allais bien pouvoir faire rire ces enfants aveugles.

    Normalement, nous rions en groupe et nous stimulons entre nous en nous regardant dans les yeux. Mais c’était bien différent avec ces jeunes. Après deux jours, Dinesh vint me voir à mon bureau, accompagné d’un collègue aveugle et nous avons passé une demi-heure ensemble. Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que mes vis-à-vis souriaient tout le temps alors que nous discutions, ce qui est plutôt rare chez les personnes « normales ». C’est alors que je me suis souvenu d’une chose. J’avais observé un phénomène intéressant pendant que j’étudiais la médecine au cours de mes visites dans les établissements pour handicapés visuels : la plupart de ces personnes semblaient avoir un sourire en permanence sur leur visage pendant qu’elles parlaient.

    Un autre trait remarquable est que ces personnes ont un talent extraordinaire dans certains domaines créatifs comme la musique, le tissage et bien d’autres arts. J’avais vraiment envie d’animer une séance de yoga du rire dans cet établissement, donc je me suis fait accompagner par quatre animateurs et nous avons été accueillis à bras ouverts. Après une brève cérémonie, nous avons invité un groupe de 30 à 40 fillettes aveugles à sortir avec nous pour faire l’expérience du plaisir des exercices de rire. Initialement, elles étaient un peu réticentes, mais amusées à l’idée de rire en groupe sans raison. Mais au bout d’une dizaine de minutes, elles ont rejoint le groupe d’adultes en dehors de l’enceinte. Jusqu’à ce moment-là, je n’étais pas certain de pouvoir réussir à les faire rire.

    Le son des rires est contagieux

    Nous avons besoin de regarder les autres pour amorcer le rire. Je croyais donc que le contact visuel était le facteur le plus important pour faire naître un fou rire naturel, mais j’avais tort. Durant cette séance de rire avec ce groupe particulier, j’ai constaté pour la première fois que le son du rire aussi était contagieux. Au fur et à mesure que la séance progressait, la qualité du rire s’améliorait. Les fillettes riaient sans arrêt et il était vraiment difficile de les arrêter de rire. Ce fut une expérience unique et j’aimerais beaucoup mettre plus de sourire et de rire sur les visages de millions de personnes non voyantes dans le monde. Ce pourrait être un rayon d’espoir dans leurs vies.

    Le yoga du rire avec les handicapés physiques et mentaux

    La ville de Bangalore, connue comme la « Silicon Valley » de l’Inde, peut s’enorgueillir d’avoir plus de 70 clubs de rire. L’un de ces clubs se réunit à l’Institut des enfants handicapés mentaux et physiques. Un jour, Mythali, un des professeurs de l’Institut et aussi membre d’un club de rire, décida d’offrir une séance aux enfants. Elle s’aperçut qu’ils étaient plus joyeux et plus énergiques par la suite. Inspirée de cette expérience, elle introduisit le yoga du rire dans le cursus de l’établissement. Les kinésithérapeutes ont confirmé que beaucoup d’handicapés moteurs qui avaient du mal à exécuter les exercices journaliers ont subitement trouvé un intérêt à les faire jusqu’au bout. D’autres qui ne répondaient pas aux interventions le faisaient spontanément après avoir fait les exercices de rire. Leur condition physique et psychique s’était grandement améliorée.

    Le yoga du rire et les prisonniers

    Il y a quelques années, le célèbre acteur britannique John Cleese est venu à Mumbai pour tourner un documentaire commandé par la BBC intitulé Human Face (Visage humain) et une des séquences présentait les clubs de rire de l’Inde. Pendant sa visite, je l’ai amené dans plusieurs clubs de rire, mais aussi dans des usines et finalement à la prison d’Arthur Road pour une séance de rire. Rire parmi les prisonniers s’est avéré une expérience qui m’a rendu humble. J’obtins la permission des autorités pénitentiaires pour tenir une séance de rire dans l’établissement. Une heure avant la séance, je me rendis dans un bâtiment surpeuplé pour établir un lien avec les prisonniers. Je leur expliquai le concept et 70 à 80 d’entre eux acceptèrent de participer à la séance. Je n’étais pas certain qu’ils riraient, car ils semblaient tristes, en colère ou déprimés. Certains avaient même un air impavide. J’ai néanmoins commencé la séance avec l’aide de quelques animateurs. Après quelques hésitations, les prisonniers se décontractèrent et se mirent à rire de bon cœur, un peu comme si leur rancœur s’était transformée en rire. À la fin de la séance, tous semblaient heureux et demandèrent quand ils pourraient rire de nouveau ainsi.

    J’ai pu m’entretenir avec plusieurs prisonniers après la séance et j’ai compris qu’ils nourrissaient beaucoup de colère et de tension qui avaient besoin d’être évacuées afin d’éviter qu’ils ne commettent de nouveau des actes criminels une fois libérés. Je savais que le yoga du rire pouvait certainement atténuer les émotions négatives chez les criminels et leur permettre de revenir à un état d’esprit plus positif. C’est un rêve que je caresse et je suis certain d’obtenir la permission pour une telle initiative en Inde. Le jour n’est pas si loin où cette idée sera implantée dans tous les pays du monde, pas seulement pour les prisonniers, mais aussi pour tout le personnel carcéral, les gardiens et tous les autres qui vivent constamment sous pression.

    Le yoga du rire et les policiers

    Avec les taux de criminalité qui augmentent, les policiers vivent avec un stress continuel. Le service de sécurité publique en Inde organise régulièrement différents ateliers de gestion du stress comme le yoga et la méditation. On m’a invité à animer une séance de yoga du rire à l’Académie de Police de Nasik et Baroda en Inde. Au début, c’était difficile de faire rire les policiers devant leurs supérieurs ou les policiers plus âgés, mais une fois qu’ils commencèrent à rire, la glace fut brisée et la séance de rire s’est très bien déroulée. Un facteur qui est loin de faciliter les choses réside dans le fait que la profession elle-même leur demande bien souvent d’avoir l’air très sérieux et dur. Rire sans raison était donc difficile au départ, mais j’ai pu constater que leurs visages se détendaient au fur et à mesure que la séance avançait.

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